Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/185

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


expiatoire, c’est-à-dire pour opérer le retour à l’ordre, et par conséquent au bonheur. Mais on ne détruit pas la loi en la violant ou en l’éludant ; où manque l’expiation, subsiste encore la loi, qui veut que toute infraction à l’ordre soit punie pour être réparée ; et l’on peut bien ne pas accepter la peine avec la disposition convenable, mais on n’y peut pas échapper. Car si les lois de l’ordre sont celles de la raison, les lois de la raison sont celles de la nature des choses, qui est la raison elle-même, et comme la nature des choses ne fléchit jamais, et que son action est nécessaire et universelle, la punition du mal ne rencontre aucun obstacle ; elle commence avec lui, se mesure sur lui, dure autant que lui, et ne cesse qu’avec lui. La punition du crime est donc irrésistible ; et si elle manque ou paraît manquer en ce monde, elle trouve sa place ailleurs ; car le mal, le désordre, doit être vaincu et ramené à l’ordre et au bien qui seul existe. De là,