Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/20

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



L’AMI DE SOCRATE.

Et tu viens de le quitter ! [310a]

SOCRATE.

Et même après une conversation fort longue.

L’AMI DE SOCRATE.

Eh ! ne voudrais-tu point nous raconter cette conversation, si tu n'es pas pressé. Assieds-toi ici, et fais lever cet enfant.

SOCRATE.

De tout mon cœur ; je te serai même obligé si tu veux bien m'entendre.

L’AMI DE SOCRATE.

Et nous pareillement, si tu veux parler.

SOCRATE.

En ce cas, l'obligation sera réciproque. Tu n'as donc qu'à m'écouter.

Ce matin qu'il faisait encore nuit, Hippocrate, fils d'Apollodore[1] et frère de Phason, [310b] est venu heurter bien fort à ma porte avec son bâton : on ne lui a pas eu plus tôt ouvert, qu'il est venu tout droit dans ma chambre, en criant à haute voix, Socrate, dors-tu ? Ayant reconnu sa voix, j'ai dit voilà Hippocrate. Qu'y a-t-il de nouveau ? — Rien que de bon, m'a-t-il

  1. Celui du Phédon.