Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/29

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nous le communiquerons à d'autres ; aussi bien Protagoras n'est pas là tout seul, et nous trouverons avec lui Hippias d'Élide[1], et, je pense, aussi Prodicus de Céos, et plusieurs autres sages.

Cette résolution prise, nous nous mîmes en chemin. Arrivés à la porte, nous nous arrêtâmes pour finir une petite dispute que nous avions eue en route ; et, avant d'entrer, nous nous promenâmes en causant devant le vestibule, jusqu'à ce que nous fussions d'accord. Le portier, qui est un eunuque, nous entendit, je pense, et apparemment que la quantité des sophistes qui arrivaient là à tous momens l'avait mis de mauvaise humeur contre tous ceux qui approchaient de la maison ; car nous n'avons pas plus tôt heurté, qu'ouvrant sa porte, et nous voyant, Ah, ah, dit-il, voici encore des sophistes ; il n'a pas le temps, et prenant sa porte avec les deux mains, il nous la ferme au nez de toute sa force. Nous heurtons encore, et il nous répond, la porte fermée : Est-ce que vous ne m'avez pas entendu ? ne vous ai-je pas dit qu'il n'a pas le temps ? — Mon ami, lui ai-je dit, nous ne demandons pas Callias, et nous ne sommes pas des sophistes ; ouvre donc sans crainte : nous venons pour voir Protagoras, et tu n'as qu'à nous an-

  1. Voyez le dialogue de ce nom.