Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/30

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noncer. Avec tout cela il eut encore bien de la peine à nous ouvrir.

Quand nous fûmes entrés, nous aperçûmes Protagoras qui se promenait dans l’avant-portique ; sur la même ligne était d’un côté Callias, fils d’Hipponicus et son frère utérin, Paralos, fils de Périclès et Charmidès[1], fils de Glaucon ; et de l’autre côté Xanthippe[2], l’autre fils de Périclès, et Philippide, fils de Philomèles, et Antimœros de Mende[3], le plus fameux disciple de Protagoras, et qui aspire à être sophiste. Derrière eux marchait une troupe de gens qui écoutaient la conversation ; la plupart paraissaient des étrangers, que Protagoras mène toujours avec lui de toutes les villes où il passe, les entraînant par la douceur de sa voix comme Orphée. Il y avait quelques-uns de nos compatriotes parmi eux. J’eus vraiment un singulier plaisir à voir avec quelle discrétion cette belle troupe prenait garde de ne point se trouver devant Protagoras, et avec quel soin, dès que Protagoras retournait sur ses pas avec sa compagnie, elle s’ou-

  1. Voyez le dialogue de ce nom.
  2. Sur Paralos et Xanthippe, fils de Périclès, voyez Plutarque, vie de Périclès, l'Alcibiade et Ménon.
  3. Mende, ville de la péninsule de Pellène, en Thrace. Voyez Étienne de Byzance, p. 550.