Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/309

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ne sont pas capables de me sonder, parce qu’ils ne sont pas savans comme toi. Il en est d’autres qui sont savans ; mais comme ils ne s’intéressent pas à moi, ainsi que tu le fais, ils ne veulent pas me dire la vérité. Quant à ces deux étrangers, Gorgias et Polus, ils sont habiles l’un et l’autre et de mes amis : mais ils manquent d’une certaine hardiesse à parler, et ils sont plus timides qu’il ne convient de l’être. Je n’exagère pas, puisqu’ils ont porté la timidité au point de se contredire par une mauvaise honte l’un et l’autre en présence de tant de personnes, et cela sur les objets les plus importans. Pour toi, tu as d’abord tous les avantages des autres. Tu es grandement habile, comme la plupart des Athéniens en conviendront, et de plus tu as de la bienveillance pour moi. Voici par où j’en juge. Je sais, Calliclès, que vous êtes quatre, qui avez étudié ensemble la philosophie, toi, Tisandre d’Aphidne[1], Andron fils d’Androtion, et Nausicyde de Cholarges[2]. Je vous ai entendus un jour délibérer jusqu’à quel point il fallait cultiver la sagesse ; et je sais que l’avis qui l’emporta, fut qu’on ne devait pas se proposer de devenir un philosophe à la rigueur, et que vous vous conseillâtes

  1. Dème de la tribu Éantide.
  2. Dème de la tribu Acamantide.