Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/311

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à me donner des avis, comme tu as si bien commencé ; et explique-moi à fond quel est le genre de vie que je dois embrasser, et comment je dois m’y prendre pour l’exercer : et si après que la chose aura été arrêtée entre nous, tu découvres dans la suite que je ne suis pas fidèle à mes conventions, tiens-moi pour un homme sans cœur, et désormais ne me fais plus part de tes conseils, comme en étant absolument indigne. Expose-moi donc de nouveau, je t’en prie, ce que tu entends, toi et Pindare, par le juste selon l’ordre de la nature ? N’est-ce pas le droit qu’aurait le plus puissant de s’emparer de ce qui appartient au plus faible, le meilleur de commander au moins bon, et celui qui vaut davantage d’avoir plus que celui qui vaut moins ? As-tu quelque autre idée du juste ? ou ma mémoire ne me trompe-t-elle pas ?


CALLICLÈS.

C’est ce que j’ai dit alors et ce que je dis encore.


SOCRATE.

Est-ce le même homme que tu appelles meilleur et plus puissant ? car je t’avoue que je n’ai pu comprendre ce que tu voulais dire. Par les plus puissans, entends-tu les plus forts ; et faut-il que les plus faibles soient soumis au plus fort, comme tu l’as, ce me semble, insinué, en disant que