Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/320

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CALLICLÈS.

Je te le dis depuis long-temps. D’abord, par les plus puissans, je n’entends ni les cordonniers, ni les cuisiniers, mais ceux qui sont entendus dans les affaires publiques et la bonne administration d’un état, et non-seulement entendus, mais courageux, capables d’exécuter les projets qu’ils ont conçus, et d’une âme trop ferme pour se laisser rebuter.


SOCRATE.

Tu le vois, mon cher Calliclès ; nous ne nous faisons pas l’un à l’autre les mêmes reproches. Tu me reproches de dire toujours les mêmes choses, et tu m’en fais un crime. Je me plains au contraire de ce que tu ne parles jamais d’une manière uniforme sur les mêmes objets, et de ce que, par les meilleurs et les plus puissans, tu entends tantôt les plus forts, et tantôt les plus sages. Voilà maintenant que tu en donnes une troisième définition, et les plus puissans et les meilleurs sont, selon toi, les plus courageux. Mon cher, dis-moi une fois pour toutes qui sont ceux que tu appelles les meilleurs et les plus puissans, et relativement à quoi.


CALLICLÈS.

J’ai déjà dit que ce sont les hommes habiles dans les affaires politiques, et courageux : c’est à