Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/373

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le ciel et la terre, les dieux et les hommes sont unis par des rapports d’amitié, de convenance, d’ordre, de tempérance et de justice ; et c’est pour cette raison, mon cher, qu’ils donnent à cet univers le nom d’ordre[1], et non celui de désordre ou de licence. Mais, tout sage que tu es, il me paraît que tu ne fais point attention à cela, et que tu ne vois pas que l’égalité géométrique[2] a beaucoup de pouvoir chez les dieux et chez les hommes. Ainsi, tu crois qu’il faut chercher à avoir plus que les autres, et négliger la géométrie. À la bonne heure. Il nous faut donc réfuter ce que je viens de dire, et montrer que les heureux ne le sont point par la possession de la justice et de la tempérance, et les malheureux par celle du vice ; ou, si ce discours est vrai, il faut examiner ce qui en résulte. Or, il en résulte, Calliclès, tout ce que j’ai dit plus haut, et sur quoi tu m’as demandé si je parlais sérieusement, lorsque j’ai avancé qu’il fallait en cas d’injustice s’accuser soi-même, son fils, son ami, et se servir de la rhétorique à cette fin. Et ce que tu as cru que Polus m’accordait par honte était vrai, savoir, qu’il est plus laid, et par conséquent plus mauvais de faire une injustice, que

  1. Κόσμος signifie également ordre et univers.
  2. Sur l’égalité géométrique, voyez les Lois, VI.