Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/385

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conformant aux mœurs du gouvernement sous lequel on se trouve ? Il faut donc que dès ce moment tu t’efforces de ressembler le plus qu’il se peut au peuple d’Athènes, si tu veux lui être cher et avoir un grand crédit dans cette ville. Vois si c’est là ton avantage et le mien. Mais il est à craindre, mon cher ami, qu’il ne nous arrive la même chose qui arrive, dit-on, aux femmes de Thessalie[1], lorsqu’elles attirent la lune, et que nous ne puissions attirer à nous une telle puissance dans Athènes, qu’aux dépens de ce que nous avons de plus précieux. Et si tu crois que quelqu’un au monde t’apprendra le secret de devenir puissant auprès des Athéniens en différant d’eux, soit en mieux soit en pis, mon avis est que tu te trompes, Calliclès. Car il ne suffit pas de contrefaire les Athéniens, il faut être né avec un caractère tel que le leur, pour contracter une amitié réelle avec ce peuple, comme avec le fils de Pyrilampe. Ainsi quiconque te donnera une parfaite conformité avec eux, fera de toi un politique et un orateur, tel que tu désires de l’être. Les hommes en effet se plaisent aux discours qui se rapportent à leur caractère ; et tout ce qui y est étranger

  1. Elles finissaient, disait-on, par perdre les yeux et les pieds.