Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/398

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cessé de tourner autour du même objet, et nous ne nous entendons pas l’un l’autre. Il me semble que tu as souvent avoué et reconnu que par rapport au corps et à l’âme il y a deux manières de les soigner : l’une servile, qui se propose de procurer par tous les moyens possibles des alimens au corps lorsqu’il a faim, de la boisson lorsqu’il a soif, des vêtemens pour le jour et la nuit, et des chaussures lorsqu’il fait froid, en un mot toutes les autres choses dont le corps peut avoir besoin. Je me sers exprès de ces images, afin que tu comprennes mieux ma pensée. Lorsqu’on est en état de fournir à ces besoins, comme marchand à poste fixe ou comme marchand forain, comme artisan de quelqu’une de ces choses, boulanger, cuisinier, tisserand, cordonnier, tanneur, il n’est pas surprenant qu’en ce cas on se regarde soi-même et on soit regardé par les autres comme chargé du soin du corps ; mais c’est ignorer qu’outre tous ces arts, il y en a un dont les parties sont la gymnastique et la médecine, auquel la culture du corps appartient véritablement ; que c’est à lui qu’il convient de commander à tous les autres arts, et de se servir de ce qu’ils font, parce qu’il sait ce qu’il y a dans le boire et le manger de salutaire et de nuisible à la