Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/399

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santé, et que les autres arts ne le savent pas. C’est pourquoi il faut qu’en ce qui concerne le soin du corps, les autres arts soient réputés des fonctions serviles et basses ; et que la gymnastique et la médecine aient le premier rang. Les mêmes choses ont lieu à l’égard de l’âme ; et il me paraît quelquefois que tu comprends que telle est ma pensée, et tu me fais des aveux comme un homme qui entend parfaitement ce que je dis ; puis tu me viens ajouter un moment après qu’il y a eu dans cette ville d’excellens hommes d’état ; et quand je te demande qui c’est, tu me présentes des hommes qui, pour les affaires politiques, sont précisément tels que, si, te demandant quels ont été ou quels sont les gens habiles dans la gymnastique et capables de dresser le corps, tu me nommais très sérieusement Théarion le boulanger, Mithécos qui a écrit sur la cuisine sicilienne, et Sarambos le marchand de vin ; prétendant qu’ils s’entendaient merveilleusement dans l’art de prendre soin du corps, parce qu’ils savaient apprêter admirablement, l’un le pain, l’autre les ragoûts, le troisième le vin. Peut-être te fâcherais-tu contre moi, si je te disais à ce sujet : tu n’as, mon ami, nulle idée de la gymnastique ; tu me nommes des serviteurs