Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/400

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de nos besoins, dont toute l’occupation est de les satisfaire, mais qui ne connaissent point ce qu’il y a de bon et de convenable en ce genre ; qui après avoir rempli de toutes sortes d’alimens, et engraissé le corps de leurs concitoyens, et en avoir reçu des éloges, finissent par ruiner jusqu’à leur santé première. Ceux-ci, vu leur ignorance, n’accuseront point ces pourvoyeurs de leur gourmandise d’être cause des maladies qui leur surviennent, et de la perte de leur premier embonpoint : non, ils rejetteront la faute sur ceux qui pour lors se trouvent présens, et leur donnent quelques conseils ; et lorsque les excès qu’ils ont faits sans aucun égard pour leur santé auront amené long-temps après les maladies, ils s’en prendront à ces derniers, ils les blâmeront, et leur feront du mal, s’ils le peuvent : pour les premiers, au contraire, qui sont la vraie cause de leurs maux, ils les combleront de louanges. Voilà précisément la conduite que tu tiens à présent, Calliclès. Tu exaltes des hommes qui ont fait faire bonne chère aux Athéniens, en leur servant tout ce qu’ils désiraient. Ils ont agrandi l’état, disent les Athéniens ; mais ils ne s’aperçoivent pas que cet agrandissement n’est qu’une enflure, une tumeur pleine de corruption, et que c’est là tout ce qu’ont fait ces anciens politiques, pour avoir