Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/402

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phistes ; car les sophistes, gens habiles d’ailleurs, tiennent à certain égard une conduite dépourvue de bon sens. En même temps qu’ils font profession d’enseigner la vertu, ils accusent souvent leurs élèves d’être coupables envers eux d’injustice, en ce qu’ils les frustrent de l’argent qui leur est dû, et ne témoignent pour eux aucune reconnaissance des bienfaits qu’ils en ont reçus. Or, y a-t-il rien de plus inconséquent qu’un pareil discours ? Des hommes devenus bons et justes, auxquels leur maître a ôté l’injustice et donné la justice, agir injustement par un vice qui n’est plus en eux ! Ne juges-tu pas cela tout-à-fait absurde, mon cher ? — Tu m’as réduit, Calliclès, à faire une harangue dans les formes, en refusant de me répondre.


CALLICLÈS.

Quoi donc ! ne pourrais-tu point parler, à moins qu’on ne te réponde ?


SOCRATE.

Il y a apparence que je le puis, puisque je m’étends à présent en longs discours, depuis que tu ne veux plus me répondre. Mais, mon cher, au nom de Jupiter qui préside à l’amitié, dis-moi, ne trouves-tu point absurde, qu’un homme qui se vante d’en avoir rendu un autre vertueux, se plaigne de lui comme d’un mé-