Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/473

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PAR CEUX QU’IL AVAIT VOULU SERVIR,

UN INSTANT MÊME MÉCONNU ET CALOMNIÉ PAR LA PLUPART DES SIENS,

SÉPARÉ A JAMAIS DE SA FEMME ET DE SES ENFANS,

PORTANT LE POIDS DES AFFECTIONS LES PLUS NOBLES

ET LES PLUS TRISTES,

SANS AVENIR, SANS ASILE, ET PRESQUE SANS PAIN

TROUVANT LA PERSÉCUTION OU IL ÉTAIT VENU CHERCHER UN ABRI,

ARRÊTÉ, JETÉ DANS LES FERS,

INCERTAIN S’IL NE SERAIT PAS LIVRÉ A SON GOUVERNEMENT,

C’EST-A-DIRE A L’ÉCHAFAUD ;



ET JE L’AI VU NON-SEULEMENT INÉBRANLABLE,

MAIS CALME, JUSTE, INDULGENT,

S’EFFORÇANT DE COMPRENDRE SES ENNEMIS

AU LIEU DE LES HAÏR,

EXCUSANT L’ERREUR, PARDONNANT A LA FAIBLESSE,

S’OUBLIANT LUI-MÊME, NE PENSANT QU’AUX AUTRES,

COMMANDANT LE RESPECT A SES JUGES,

INSPRIANT LE DÉVOUMENT A SES GEOLIERS ;



ET QUAND IL SOUFFRAIT LE PLUS,

CONVAINCU QU’UNE AME FORTE FAIT SA DESTINÉE,

ET QU’IL N’Y A DE VRAI MALHEUR QUE DANS LE VICE

ET DANS LA FAIBLESSE,

TOUJOURS PRÊT A LA MORT, MAIS CHÉRISSANT LA VIE,

PAR RESPECT POUR DIEU ET POUR LA VERTU

VOULANT ÊTRE HEUREUX,

ET L’ÉTANT PRESQUE