Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/510

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Là, dit-il en me montrant, vis-à-vis du mur, un enclos avec une porte ouverte : nous y venons passer le temps, nous et beaucoup d'autres beaux jeunes gens. [204a] — Mais quel est ce lieu, et qu'y faites-vous ? — C'est, me répond-il, une palestre nouvellement bâtie ; nous y passons le temps le plus souvent en conversations dont nous aimerions à te faire part. — Ce sera très bien fait à vous ; mais qui est-ce qui donne ici les leçons ? — Un de tes grands amis et admirateurs, Miccus. — Par Jupiter ! m'écriai-je, ce n'est point un homme médiocre, mais bien un habile sophiste. — Ainsi, veux-tu nous suivre, et venir voir ceux qui sont là-dedans ? [204b] — Je serais d'abord bien aise d'apprendre ce qui pourra m'en revenir, et quel est là le beau garçon. — Chacun de nous, Socrate, en juge à son gré en faveur de tel ou tel. — Et selon toi, Hippothalès, quel est-il ? Voyons, dis-moi cela. — Ma question le fit rougir. O Hippothalès, fils d'Hiéronyme ! repris-je, il n'est plus nécessaire de me dire si tu aimes ou non. Je vois bien que non-seulement tu aimes, mais que cet amour t'a déjà mené loin. Je ne suis pas, si l'on veut, bon à grand'chose, [204c] ni fort habile ; mais un don que le ciel m'a fait sans doute, c'est de savoir reconnaître, au premier instant,