Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/515

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dre ? [206b] — Ce serait un fort mauvais chasseur. — Et ne serait-ce pas la dernière maladresse, avec des discours et des chants, de rendre plus ombrageux encore au lieu d'attirer ? Qu'en dis-tu ? — Je suis de ton avis. — Prends donc garde, Hippothalès, qu'avec ta poésie tu ne t'exposes au même reproche. Tu ne voudrais pas, je pense, reconnaître pour bon poète celui qui se nuirait à lui-même par ses propres œuvres ? — Non, par Jupiter ! dit-il. Ce serait par trop déraisonnable. Eh bien, [206c] Socrate, je passe condamnation sur tout cela ; et, je t'en prie, si tu veux bien me donner quelque avis, apprends-moi quels discours et quelle conduite on doit tenir pour gagner les bonnes grâces de son bien-aimé. — Cela, répondis-je, n'est pas aisé à dire ; mais si tu pouvais faire entrer ton cher Lysis en conversation avec moi, peut-être te pourrais-je offrir un exemple du genre d'entretien que tu devrais avoir avec lui, au lieu des hymnes en prose et en vers que tu lui débites, à ce qu'on dit. — Rien n'est plus facile à arranger : tu n'as qu'à entrer là-dedans avec Ctésippe, t'y asseoir, et te mettre à converser ; je suis sûr qu'il viendra de lui-même pour t'entendre, car il aime singulièrement à écouter, [206d] Socrate : de plus, comme on célèbre la fête d'Hermès, adolescens et adul-