Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/531

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


donc il y a là impossibilité, il faudra bien que celui qui aime soit l'ami de celui qui est aimé. — Oui. — Que celui qui hait soit l'ennemi de celui qui est haï. — Naturellement. — Dès lors nous nous trouverons souvent dans la nécessité de reconnaître, [213c] comme dans les cas dont nous avons parlé, que souvent on est l'ami de qui ne nous est point ami, souvent même de qui nous est ennemi, quand nous aimons qui ne nous aime point et même qui nous hait ; et que souvent aussi on est l'ennemi de qui ne nous est point ennemi, même de qui nous est ami, lorsque nous haïssons qui ne nous hait point, et même qui nous est attaché. — Cela est probable. — Comment donc ferons-nous si l'ami n'est ni l'aimant, ni l'aimé, ni même celui qui est à-la-fois l'un et l'autre ? Faut-il supposer un autre rapport dans lequel on peut devenir réciproquement amis ? — Par Jupiter ! je ne sais, Socrate, comment me tirer de là. — [213d] N'aurions-nous pas, Ménexène, mal envisagé les choses ? — C'est ce qu'il me semble, Socrate, dit Lysis, et aussitôt il rougit. Je vis bien que ces mots lui étaient échappés malgré lui par la vivacité de l'attention qu'il nous prêtait, et que sa physionomie n'avait cessé d'exprimer.

Voulant donc donner du relâche à Ménexène,