Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/533

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dans leurs entretiens et dans leurs écrits, de la nature et de l'univers. — Oui, Socrate. — Trouves-tu qu'ils aient raison ? — Peut-être. — Peut-être, repris-je, n'ont-ils raison qu'à demi, mais peut-être aussi entièrement, et ce sera nous qui ne les entendons pas. Il nous semble en effet que plus un méchant homme [214c] se rapprochera de son pareil et fera société avec lui, plus il devra devenir son ennemi : car il lui fera quelque injustice ; et il est impossible que l'offenseur et l'offensé soient bons amis. N'est-il pas vrai ? — Sans doute. — Il résulte de là qu'une moitié de la maxime serait fausse, en supposant que les méchans fussent semblables entre eux. — Tu as raison. — Mais ils veulent dire, je crois, que les bons se ressemblent et sont amis entre eux, tandis qu'au contraire les méchans sont, à ce qu'on dit du moins, [214d] changeans et variables. Or, ce qui est différent de soi-même, et contraire à soi-même, ne saurait à beaucoup près ressembler à quelque autre chose et l'aimer. N'est-ce pas ton avis ? — Oui, bien. — Ainsi, mon cher ami, ceux qui disent que le semblable est ami de son semblable l'entendent, je crois, en ce sens, que l'homme de bien seul est ami de l'homme de bien, et que le méchant ne saurait former jamais ni avec le bon ni avec le méchant une