Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/573

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que les ouvriers du temps passé sont des ignorans auprès de ceux d’aujourd’hui, nous dirons aussi que votre art, à vous autres sophistes, a fait les mêmes progrès, et que ceux des anciens qui s’appliquaient à la sagesse n’étaient rien en comparaison de vous ?

HIPPIAS.

Rien n’est plus vrai.

SOCRATE.

Ainsi, Hippias, si Bias revenait maintenant au monde, il paraîtrait ridicule [282a] auprès de vous, à-peu-près comme les sculpteurs disent que Dédale se ferait moquer si de nos jours il faisait des ouvrages tels que ceux qui lui ont acquis tant de célébrité.

HIPPIAS.

Au fond, Socrate, la chose est comme tu dis ; cependant j’ai coutume de louer les anciens et nos devanciers plus que les sages de ce temps, car si je suis en garde contre la jalousie des vivans, je redoute aussi l’indignation des morts.

[282b] SOCRATE.

C’est fort bien pensé et raisonné, Hippias, à ce qu’il me semble. Et je puis aussi te rendre témoignage que tu dis vrai, et que ton art s’est réellement perfectionné pour la capacité de join-