Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/586

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HIPPIAS.

Quelle peine, Socrate ? je n’ai qu’à entendre une seule fois cinquante noms, je les répéterai par cœur.

SOCRATE.

Tu dis vrai : je ne faisais pas attention que tu possèdes l’art de la mnémonique[1]. Je conçois donc que c’est avec beaucoup de raison que les Lacédémoniens se plaisent [286a] à tes discours, toi qui sais tant de choses, et qu’ils s’adressent à toi, comme les enfans aux vieilles femmes, pour leur faire des contes divertissans.

HIPPIAS.

Je t’assure, Socrate, que je m’y suis fait dernièrement beaucoup d’honneur, en exposant quelles sont les belles occupations auxquelles un jeune homme doit s’appliquer ; car j’ai composé là-dessus un fort beau discours, écrit avec le plus grand soin. En voici le sujet et le commencement. Je suppose qu’après la prise de Troie, Néoptolème, [286b] s’adressant à Nestor, lui demande quels sont les beaux exercices qu’un jeune homme doit cultiver pour rendre son nom célèbre. Nestor après cela prend la parole, et lui propose je ne sais combien de pratiques tout-

  1. Voyez le second Hippias.