Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/587

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à-fait belles. J’ai lu ce discours en public à Lacédémone, et je dois le lire ici dans trois jours à l’école de Phidostrate, avec beaucoup d’autres morceaux qui méritent d’être entendus : je m’y suis engagé à la prière d’Eudicos, fils d’Apémante. Tu me feras plaisir de t’y rendre, [286c] et d’amener avec toi d’autres personnes en état d’en juger.

SOCRATE.

Cela sera, s’il plaît à Dieu, Hippias[1]. Pour le présent, réponds à une petite question que j’ai à te faire à ce sujet, et que tu m’as rappelée à l’esprit fort à propos. Il n’y a pas long-temps, mon cher ami, que, causant avec quelqu’un, et blâmant certaines choses comme laides, et en approuvant d’autres comme belles, il m’a jeté dans un grand embarras par ses questions insultantes. Socrate, m’a-t-il dit, d’où connais-tu donc [286d] les belles choses et les laides ? Voyons un peu : pourrais-tu me dire ce que c’est que le beau ? Moi, je fus assez sot pour demeurer interdit, et je ne sus quelle bonne réponse lui faire. Au sortir de cet entretien, je me suis mis en colère contre moi-même, me reprochant mon ignorance, et me suis bien promis que

  1. Cet endroit annonce le lieu, l’occasion, et les personnages du second Hippias.