Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/589

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rai-je pas si, faisant ici son personnage, j’attaque tes discours à mesure que tu répondras, afin de m’exercer davantage ? car je m’entends assez à faire des objections ; et, si cela t’est indifférent, je veux te proposer mes difficultés, pour être plus ferme dans ce que tu m’apprendras.

HIPPIAS.

Argumente, j’y consens : aussi bien, comme je t’ai dit, cette question [287b] n’est pas d’importance ; et je te mettrais en état d’en résoudre de bien plus difficiles, de façon qu’aucun homme ne pourrait te réfuter.

SOCRATE.

Tu me charmes, en vérité. Allons, puisque tu le veux bien, je vais me mettre à sa place, et tâcher de t’interroger. Si tu récitais en sa présence ce discours que tu as, dis-tu, composé sur les belles occupations, après l’avoir entendu, et au moment que tu cesserais de parler, il ne manquerait pas de t’interroger avant toutes choses sur le beau (car telle est sa [287c] manie ), et il te dirait : Étranger d’Élis, n’est-ce point par la justice que les justes sont justes ? Réponds, Hippias, comme si c’était lui qui te fît cette demande.

HIPPIAS.

Je réponds que c’est par la justice.