Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/625

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


vons par les oreilles et par les yeux. Mais supposons la vérité de cette définition, que le beau est ce qui nous cause du plaisir par ces deux sens, et qu’il ne soit point du tout ici question des lois. Si cet homme dont je parle ou tout autre nous demandait : Hippias et Socrate, pourquoi avez-vous séparé de l’agréable en général une certaine espèce d’agréable, que vous appelez le beau, et prétendez-vous que les plaisirs des autres [298e] sens, comme ceux du manger, du boire, de l’amour, et les autres semblables, ne sont point beaux ? est-ce que ces sensations ne sont pas agréables, et ne causent, à votre avis, aucun plaisir, et ne s’en trouve-t-il nulle part ailleurs que dans les sensations de la vue et de l’ouïe ? Que répondrons-nous, Hippias ?

HIPPIAS.

Nous dirons sans balancer, Socrate, qu’il y a de très grands plaisirs attachés aux autres sensations.

SOCRATE.

Pourquoi donc, reprendra-t-il, ces plaisirs n’étant pas moins des plaisirs que les autres, leur refuser le nom de beaux et les priver [299a] de cette qualité ? C’est, dirons-nous, que tout le monde se moquerait de nous si nous disions que manger n’est pas une chose agréable, mais belle, et