Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/626

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que sentir une odeur suave n'est point agréable, mais beau ; qu'à l'égard des plaisirs de l'amour, tous soutiendraient qu'il n'y en a point de plus agréables, et que cependant, lorsqu'on s'en procure la jouissance, il faut les goûter de manière que personne n'en soit témoin, parce que c'est la chose du monde la plus laide à voir.

Après que nous aurions parlé de la sorte, Hippias, je m'aperçois bien, dirait-il peut-être, que c'est la honte qui vous empêche depuis long-temps d'appeler beaux ces plaisirs, parce qu'ils ne passent point [299b] pour tels dans l'esprit des hommes. Cependant je ne vous demande pas ce qui est beau dans l'idée du vulgaire, mais ce qui est beau en effet. Nous lui ferons, ce me semble, la réponse que nous lui avons déjà faite, savoir, que nous appelons beau cette partie de l'agréable qui nous vient par la vue et l'ouïe. As-tu quelque autre réponse à faire, et dirons-nous autre chose, Hippias ?

HIPPIAS.

Après ce qui a déjà été dit, c'est une nécessité, Socrate, de répondre de la sorte.

SOCRATE.

Vous avez raison, répliquera-t-il. Puis donc que l'agréable [299c] qui naît de la vue et de l'ouïe est beau, il est évident que toute espèce d'agréable