Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/662

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choisira sera fort embarrassé : car le choix peut tomber sur chacun sans qu’il s’y attende, et il serait forcé peut-être d’improviser.

[235d] SOCRATE.

Pourquoi cela, mon cher ? Ils ont tous des discours préparés ; d’ailleurs il n’est pas difficile d’improviser sur un pareil sujet. Sans doute il faudrait un orateur habile pour être approuvé dans le Péloponnèse, en y faisant l’éloge des Athéniens, ou à Athènes, en y faisant celui des Péloponnésiens ; mais lorsqu’on parle devant ceux-là même dont on fait l’éloge, il ne paraît point difficile de bien parler.

MÉNEXÈNE.

Vraiment, Socrate, tu ne juges pas cela difficile ?

SOCRATE.

Non, par Jupiter !

[235e] MÉNEXÈNE.

Te croirais-tu donc capable de parler toi-même, s’il le fallait, et que le conseil te choisît ?

SOCRATE.

Il n’est pas étonnant, Ménexène, que je sois capable de le faire, ayant eu pour la rhétorique une assez bonne maîtresse, qui a formé beaucoup d’excellens orateurs, un surtout, qui se distingue entre tous les Grecs, Périclès, fils de Xantippe.