Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/670

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être ou les esclaves ou les maîtres les uns des autres. L'égalité d'origine entraîne naturellement celle de la loi, et nous porte à ne reconnaître entre nous d'autre supériorité que celle de la vertu et des lumières.

Voilà pourquoi les ancêtres de ces guerriers et les nôtres, et ces guerriers eux-mêmes, nés si heureusement, et élevés au sein de la liberté, ont fait tant de belles actions publiques et particulières, dans le seul but [239b] de servir l'humanité. Ils croyaient devoir combattre contre les Grecs eux-mêmes pour la liberté d'une partie de la Grèce, et contre les barbares pour celle de la Grèce entière. Le temps me manque pour raconter dignement comment ils repoussèrent Eumolpe et les Amazones, débordés sur nos terres, et les invasions plus anciennes[1] ; comment ils secoururent les Argiens contre les sujets de Cadmus, et les Héraclides contre les Argiens. Les chants des poètes ont répandu sur toute la terre la gloire de ces exploits ; et si nous [239c] entreprenions de les célébrer dans le langage ordinaire, nous ne ferions vraisemblablement que mettre en

  1. On ne voit pas trop quelles sont ces invasions antérieures à celles d'Eumolpe. Est-ce celle de Labdacus, repoussée par Pandion (Apollodore, III, 158 ); ou celle des Chalcidiens, repoussée par Érechthée ?