Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/671

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évidence notre infériorité. Ainsi je ne m'arrêterai point à ces actions, qui ont leur récompense ; mais il en est d'autres qui n'ont rapporté à aucun poète une gloire égale à celle du sujet, et qui sont encore dans l'oubli ; ce sont celles-là que je crois devoir rappeler : je viens les célébrer moi-même, et j'invite les poètes à les chanter, dans leurs odes et leurs autres compositions, d'une manière digne de ceux qui les ont accomplies. Voici le premier [239d] de ces exploits.

Quand les Perses, maîtres de l'Asie, marchaient à l'asservissement de l'Europe, nos pères, les enfans de cette terre, les repoussèrent. Il est juste, il est de notre devoir de les rappeler les premiers, et de louer d'abord la valeur de ces héros. Mais, pour bien apprécier cette valeur, transportons-nous par la pensée à l'époque où toute l'Asie obéissait déjà à son troisième monarque. Le premier, Cyrus, après avoir affranchi par son génie [239e] les Perses, ses compatriotes, subjugua encore leurs maîtres, les Mèdes, et régna sur le reste de l'Asie jusqu'à l'Égypte. Son fils soumit l'Égypte et toutes les parties de l'Afrique dans lesquelles il put pénétrer. Darius, le troisième, étendit les limites de son empire jusqu'à la Scythie, par les conquêtes de son armée de terre, et ses flottes le rendirent maître [240a] de la mer et des îles.