Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/672

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Nul n'osait résister ; les âmes des peuples étaient asservies : tant de nations puissantes et belliqueuses avaient passé sous le joug des Perses ! Le même Darius ayant accusé les Érétriens et nous d'avoir dressé ensemble des embûches à la ville de Sardes[1], prit ce prétexte pour embarquer une armée de cinq cent mille soldats dans des vaisseaux de transport, accompagnés d'une flotte de trois cents navires ; et ordonna à Datis, le chef de cette expédition, de ne revenir qu'amenant captifs les Érétriens et les Athéniens : sa [240b] tête devait répondre du succès. Datis se dirigea sur Érétrie, contre des hommes qui étaient comptés alors au rang des plus belliqueux parmi les Grecs : encore n'étaient-ils pas en petit nombre. Cependant il les subjugua en trois jours ; et, pour que personne ne pût s'échapper, il battit soigneusement tout le pays de la manière suivante. Ses soldats, parvenus aux bornes de l'Érétrie, s'étendirent d'une mer à l'autre, et parcoururent tout [240c] le territoire en se donnant la main, afin de pouvoir dire au roi que pas un seul n'avait échappé[2]. Dans le même dessein, ils partent d'Érétrie et débarquent à Marathon, persuadés

  1. Platon, les Lois, liv. III.
  2. Ibid.