Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/674

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On pourrait raconter beaucoup de choses à leur gloire ; quels dangers ils ont bravés, tant sur terre que sur mer, et comment ils les ont surmontés ; mais je ne rappellerai que ce qui me paraît leur plus beau titre à la gloire, l'accomplissement de l'œuvre commencée à Marathon. Ceux de Marathon avaient appris aux Grecs [241b] qu'un petit nombre d'hommes libres suffisait pour repousser sur terre une multitude de barbares, mais il n'était point encore prouvé que cela fut possible sur mer ; les Perses y passaient pour invincibles par leur multitude, leurs richesses, leur habileté et leur valeur. Ils méritent donc nos éloges, ces braves marins qui délivrèrent les Grecs de leur frayeur, et rendirent les vaisseaux des Perses aussi peu redoutables que leurs soldats. Ce sont les vainqueurs de Marathon et [241c] de Salamine qui ont instruit et accoutumé les Grecs à mépriser les barbares et sur terre et sur mer.

Le troisième fait de l'indépendance grecque, en date et en courage, est la bataille de Platée, la première dont la gloire ait été commune aux Lacédémoniens et aux Athéniens. La conjoncture était critique, le péril imminent ; ils triomphèrent de tout. Tant de vertu leur mérite nos éloges et ceux [241d] des siècles à venir.