Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/682

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données. Il voulait se retirer et comptait bien sur un refus, qui devait servir de prétexte [245c] à sa défection. Les autres alliés trompèrent son espérance. Les Argiens, les Corinthiens, les Béotiens, elles autres états compris dans l’alliance, consentirent à lui livrer les Grecs de l’Asie pour une somme d’argent, et s’y engagèrent par la foi du serment. Nous seuls, nous n’osâmes ni les lui abandonner, ni engager notre parole ; tant cette disposition généreuse, qui veut la liberté et la justice, tant cette haine innée des barbares, est enracinée et inaltérable parmi nous, [245d] parce que nous sommes d’une origine purement grecque et sans mélange avec les barbares. Chez nous, point de Pélops, de Cadmus, d’Egyptus et de Danaüs, ni tant d’autres, véritables barbares d’origine, Grecs seulement par la loi. Le pur sang grec coule dans nos veines sans aucun mélange de sang barbare ; de là dans les entrailles même de la république la haine incorruptible de tout ce qui est étranger. Nous nous vîmes donc abandonnés de nouveau [245e] pour n’avoir pas voulu commettre l’action honteuse et impie de livrer des Grecs à des barbares. Mais, quoique réduits au même état qui nous avait jadis été funeste, avec l’aide des dieux la guerre se termina cette fois plus heureusement ; car, à