Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/683

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la paix, nous conservâmes nos vaisseaux, nos murs et nos colonies, tant l’ennemi aussi était empressé à se délivrer de la guerre. Toutefois cette guerre nous priva encore de braves soldats, soit à Corinthe, par le désavantage du lieu, soit à Léchée, [246a] par trahison. Ils étaient braves aussi ceux qui délivrèrent le roi de Perse et chassèrent les Lacédémoniens de la mer. Je vous en rappelle le souvenir, et vous devez vous joindre à moi pour louer et célébrer ces excellens citoyens.

Je vous ai retracé les actions de ceux qui reposent ici, et de tous les autres qui sont morts pour la patrie. Sans doute elles sont belles et nombreuses : [246b] cependant j’en ai tu un plus grand nombre encore de plus éclatantes ; une suite de plusieurs jours et de plusieurs nuits ne suffirait pas à celui qui voudrait les raconter toutes. Que tous les citoyens, l’âme remplie de ces grandes actions, exhortent donc les descendans de ces vaillans hommes, comme ils le feraient un jour de bataille, à ne pas quitter le rang de leurs ancêtres, à ne pas reculer ni lâcher le pied honteusement. Enfants de braves, et moi aussi je vous exhorte en ce jour, et, partout où je vous rencontrerai, [246c] je vous exhorterai, je vous sommerai de faire tous vos efforts pour devenir tout ce que vous pouvez être. Quant à présent,