Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/696

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


qu'un de ses torts est d'avoir mal pensé et mal parlé des poètes et des artistes, d'avoir cherché la vérité auprès d'eux, et de n'y avoir trouvé que des hommes ignorans et pleins d'eux-mêmes, se croyant en possession des plus beaux secrets, et ne pouvant rendre compte de rien. Les poètes eurent donc la main dans le procès de Socrate, et Mélitus les représente officiellement. Cela est si vrai, que Libanius, dans son apologie de Socrate, met la plus grande importance à le laver du reproche d'avoir attaqué la poésie et les poètes. Mais, quoi qu'en dise Libanius, Socrate était en effet coupable du crime de lèse-poésie ; et il n'en pouvait guère être autrement avec la mission qu'il s'était donnée à lui-même. Cette mission était toute morale. Socrate recherchait en toutes choses la vérité et l'utilité morale ; et il frondait impitoyablement tout ce qui lui semblait s'écarter de ce modèle. Ainsi,