Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/699

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son et de celles du ridicule. Platon avait une mission bien différente et un caractère d'esprit tout opposé. Sur la base du bon sens de Socrate s'élevait en lui un génie supérieur dont le mouvement naturel et réfléchi était d'aller dans la spéculation aussi haut et aussi loin que peut aller la pensée humaine. Il avait beaucoup vu, beaucoup voyagé, beaucoup étudié, et s'était efforcé de tout comprendre ; par conséquent il était conciliant et indulgent. A la tendance exclusivement critique et négative de Socrate, dont il conserva l'apparence, il substitua une direction plus positive et plus pacifique : au lieu d'attaquer, il entreprit d'éclairer ; il ne changea pas le rôle de Socrate, il l'agrandit et l'épura. Ainsi, sans faire grâce aux superstitions de son temps, qu'il combattit toujours avec fermeté, l'étude sérieuse qu'il avait faite des mystères et du fond de la religion, le réconcilia avec