Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/701

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rent, se laissassent un peu guider par la sagesse et la philosophie. Surtout il ne voulait pas que le génie poétique, si contagieux dans ses effets, fût mis au service des délires de la passion ou de la superstition, et employé à retenir les masses, auxquelles s'adresse particulièrement la poésie, dans des croyances impies et des erreurs avilissantes pour la dignité et la moralité de l'espèce humaine. A genoux devant la poésie comme devant la religion, il croyait que l'on devait surveiller et les prêtres et les poètes. Il trouvait que les poètes avaient beaucoup nui à la poésie en consacrant et en accréditant parmi le peuple une mythologie corruptrice ; et lorsque, dans sa République, il est forcé de choisir entre la poésie et la vérité, fidèle à l'esprit de Socrate, il met avant tout la vérité et l'humanité, et se décide, quoique à regret, à renvoyer les poètes et Homère lui-même. C'est là le der-