Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/73

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


affaire à un homme oublieux, abrège-moi tes réponses, et fais-les plus courtes, pour que je te suive.

Comment veux-tu que je les abrège ? dit-il ; les ferai-je plus courtes qu’il ne faut ?

Nullement.

C’est donc aussi courtes qu’il faut.

[334e] Oui.

Mais qui sera juge de la juste étendue que je dois donner à mes réponses ? Sera-ce toi ou moi ?

J’ai entendu dire, repris-je, que tu es en état, lorsque tu le veux, de parler si long-temps sur la même matière, que le discours ne tarit pas, et d’apprendre à tout autre à parler de même ; [335a] ou d’être si concis, qu’il est impossible de s’exprimer en moins de mots. S’il te plaît donc que nous conversions ensemble, fais usage de la seconde manière de parler, de la brièveté.

Socrate, m’a-t-il dit, j’ai discuté avec beaucoup de personnes dans ma vie, et si j’avais voulu me prêter à ce que tu exiges de moi, en conversant avec mon adversaire de la façon qui lui aurait plu, je ne me serais guère distingué, et le nom de Protagoras n’aurait jamais été célèbre dans la Grèce.

Comme je voyais qu’il n’était nullement satisfait des [335b] réponses qu’il m’avait déjà faites, et