Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/742

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SOCRATE.

Pareillement, si tu distinguais les bons joueurs de luth, n’avouerais-tu point que tu fais ce discernement comme joueur de luth, et non comme écuyer ?

ION.

Oui.

SOCRATE.

Ainsi, puisque tu entends l’art militaire, est-ce en qualité d’homme de guerre, ou de bon rapsode, que tu as cette connaissance ?

ION.

Il importe peu, ce me semble, en quelle qualité.

[541a] SOCRATE.

Comment dis-tu que cela importe peu ? L’art du rapsode est-il le même, à ton avis, que l’art de la guerre ? ou sont-ce deux arts ?

ION.

Selon moi, c’est le même art.

SOCRATE.

Ainsi quiconque est bon rapsode est aussi bon général d’armée ?

ION.

Oui, Socrate.

SOCRATE.

Par la même raison, quiconque est bon général d’armée, est aussi bon rapsode ?