Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/772

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dites : car je n’osais t’interroger à cause de la foule qui était présente, et d’ailleurs je craignais par mes questions de t’interrompre dans ton exposition. A présent que nous sommes en plus petit nombre, et qu’Eudicus me presse de t’interroger, parle, et explique-nous clairement [364c] ce que tu disais de ces deux hommes, et quelle différence tu mettais entre eux.

HIPPIAS.

Je veux, Socrate, t’exposer avec plus de précision encore que je n’ai fait alors, ce que je pense d’eux et des autres. Je dis donc qu’Homère a fait Achille le plus vaillant de tous ceux qui sont venus devant Troie, Nestor le plus sage, et Ulysse le plus rusé.

SOCRATE.

Au nom des dieux, Hippias, voudrais-tu bien m’accorder une grâce ? c’est de ne pas te moquer de moi, si je comprends avec peine ce qu’on me dit, et [364d] si j’interroge souvent ; tâche plutôt de me répondre avec douceur et complaisance.

HIPPIAS.

Il serait honteux pour moi, Socrate, tandis que j’instruis les autres à faire ce que tu dis, et que je prends de l’argent à ce titre, si lorsque tu m’interroges moi-même, je n’avais point d’in-