Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/788

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roles les unes des autres, afin de mieux comprendre. Au contraire, s’il me paraît que c’est un esprit vulgaire, je ne l’interroge point, et ne me mets nullement en peine de ses discours. Tu reconnaîtras à cette marque qui sont ceux que je tiens pour habiles ; tu trouveras que je me livre tout entier [369e] à ce qu’ils disent, et que je leur fais des questions, pour apprendre d’eux quelque chose et devenir meilleur. Par exemple, j’ai fait une attention particulière à ce que tu as dit, lorsque tu as insinué que, dans les vers que tu viens de citer, Achille désigne Ulysse comme un donneur de belles paroles ; et je suis bien étonné si tu dis vrai en ce point : d’autant qu’on ne voit pas que ce rusé d’Ulysse [370a] ait fait aucun mensonge en cet endroit, et qu’au contraire c’est Achille qui paraît un rusé, selon ta définition ; car il ment. En effet, après avoir débuté par les vers que tu as rapportés,

Je hais à l’égal des portes de l’enfer

Celui qui cache une chose dans son cœur et en dit une autre,

[370b] il ajoute un peu plus bas qu’Ulysse ni Agamemnon ne le fléchiront jamais, et qu’il ne restera point absolument devant Troie : mais