Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/841

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gea Ctésippe à se lever et à se placer vis-à-vis de nous pour voir son ami, et entendre en même temps la conversation ; aussitôt les autres amans de Clinias et les amis d’Euthydème et de Dioriysodore en firent autant et nous environnèrent. Les montrant donc du doigt, j’assurai Euthydème qu’il n’y en avait pas là un seul qui n’eût la volonté [274d] de le prendre pour maître. Ctésippe s’y engagea vivement ; tous les autres en firent de même, et le prièrent tout d’une voix de leur découvrir le secret de son art. Alors m’adressant à Euthydème et à Dionysodore, II faut bien, leur dis-je, satisfaire ces jeunes gens, et je joins mes prières aux leurs. Or il y a beaucoup de choses qui seraient trop longues à expliquer ; mais, dites-moi, celui qui est persuadé qu’il doit apprendre la vertu auprès de vous, est-il le seul que vous puissiez rendre [274e] vertueux, ou bien pouvez-vous l’enseigner aussi à celui qui n’en est pas persuadé, parce qu’il doute que la vertu puisse s’apprendre ? Dites, pouvez-vous aussi prouver, à qui pense ainsi, que la vertu peut être enseignée et que vous êtes les plus propres à le faire ? — Nous le pouvons également, Socrate, répondit Dionysodore. — Il n’y a donc personne au monde, [275a] Dionysodore, lui dis je, qui puisse