Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/842

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mieux que vous mettre sur la voie de la philosophie et de la vertu ? — Nous le croyons, Socrate. — Vous nous ferez voir le reste avec le temps, mais présentement je ne vous demande que cela. Persuadez à ce jeune homme qu'il faut se donner tout entier à la philosophie et à l'exercice de la vertu, et vous nous obligerez tous, et moi et tous ceux qui sont ici présens ; car il se trouve que nous prenons beaucoup d'intérêt à ce jeune homme et souhaitons avec passion qu'il devienne aussi bon que possible. Il est fils d'Axiochus, petit-fils de l'ancien Alcibiade[1], et cousin germain [275b] d'Alcibiade d'aujourd'hui ; son nom est Clinias. Il est encore jeune, et nous craignons ce qu'on doit toujours craindre pour un jeune homme, que quelqu'un s'emparant avant nous de son esprit ne lui fasse prendre un mauvais pli et ne le corrompe. Vous ne pouviez donc arriver plus à propos ; ainsi, si rien ne s'y oppose, éprouvez Clinias et l'entretenez en notre présence. — Quand j'eus parlé à-peu-près de la sorte, Euthydème me dit d'un air fier et assuré : Rien ne s'y oppose, [275c] Socrate, pourvu que ce jeune homme veuille répondre. — Il y

  1. Cet ancien Alcibiade était le grand-père du célèbre Alcibiade, et eut deux fils, Clinias, père d'Alcibiade et de Clinias ; et Axiochus, père du Clinias de l'Euthydème.