Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/843

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est, dis-je, accoutumé ; ses amis sont presque toujours sur ses pas, l'interrogent et causent sans cesse avec lui ; ainsi j'espère qu'il aura bien assez d'assurance pour répondre sans difficulté.

Mais comment pourrai-je, Criton, te raconter ce qui suit ? car ce n'est pas peu de chose que de faire un récit fidèle de cette prodigieuse sagesse ; c'est pourquoi, avant de m'engager dans cette narration, il faut qu'à l'exemple [275d] des poètes j'invoque les muses et la déesse Mnémosyne. Euthydème commença ainsi, ce me semble : Clinias, ceux qui apprennent sont-ils savans ou ignorans ? — Le jeune homme, à cette question difficile, rougit, et, tout interdit, jeta les yeux sur moi. Voyant le trouble où il était, je lui dis : Courage, Clinias, [275e] dis hardiment ce qu'il t'en semble ; c'est peut-être pour ton bien. Cependant Dionysodore, se penchant un peu vers moi, avec un visage riant, me dit tout bas à l'oreille : Socrate, je te le prédis, quoi qu'il réponde, il est pris. Pendant qu'il me parlait ainsi, Clinias avait déjà répondu ; de sorte que je n'eus pas le loisir d'avertir ce jeune homme de prendre garde [276a] à ce qu'il dirait. Il répondit que c'étaient les savans qui apprenaient. — Y a-t-il des hommes que tu appelles des maîtres, ou non ? lui demanda Euthydème. — Clinias répondit que oui. — Les