Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/865

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ble de dire des choses fausses, et qu’il est seulement possible d’en penser ? — Non, pas même d’en penser, me dit-il. — Il n’y a donc point d’opinion fausse ? — Non, répondit-il. — C’est-à-dire qu’il n’y a point d’ignorance ni d’ignorans ; car si on pouvait se tromper, ce serait ignorance. — Assurément, dit-il. — Mais cela ne se peut. — Non, certainement. — Ne parles-tu de la sorte, Dionysodore, que pour parler et nous étonner, ou crois-tu en effet qu’il n’y ait point d’ignorans au monde ? [286e] — Mais c’est à toi à me prouver le contraire. — Et cela se peut-il, selon ton opinion, et y a-t-il moyen de réfuter, si personne ne se trompe ? — Non, dit Euthydème, c’est impossible. — Aussi ne t’ai-je pas demandé, reprit Dionysodore, de réfuter ; car comment demander ce qui n’est pas ? — O Euthydème ! lui dis-je, je ne comprends pas encore à fond toutes ces belles choses ; mais je commence cependant à voir jour un peu. Peut-être vais-je te faire une question assez niaise, mais pardonne-la-moi. [287a] S’il est impossible de se tromper, ou d’avoir une opinion fausse, ou d’être ignorant, il est aussi impossible de commettre une faute en agissant ; car alors celui qui fait quelque chose ne peut se tromper dans ce qu’il fait. N’est-ce pas ainsi que vous l’entendez ? — Tout-à-fait, dit-il.