Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/866

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


— Voici maintenant cette question un peu niaise que je voulais faire. Si nous ne pouvons nous tromper ni dans nos actions, ni dans nos paroles, ni dans nos pensées, par Jupiter ! alors qu'êtes-vous venus enseigner ici ? N'avez-vous pas annoncé tout à l'heure que vous sauriez enseigner la vertu mieux que personne [287b] à tous ceux qui voudraient l'apprendre ? — Radotes-tu donc déjà, Socrate, reprit Dionysodore, pour venir répéter ici ce que nous avons dit plus haut ? En vérité, y eût-il déjà un an que j'eusse avancé une chose, tu nous la répéterais encore ; mais pour ce que nous disons présentement, tu ne saurais qu'en faire. — C'est qu'assurément ce sont des choses très difficiles, lui répondis-je, puisqu'elles sont dites par d'habiles gens. Ce que tu viens de dire en dernier lieu n'est pas moins difficile, et on ne sait qu'en faire ; car quand tu me reproches, Dionysodore, que je ne saurais que faire de ce que tu dis, que prétends-tu ? N'est-ce pas que je ne peux [287c] le réfuter ? Réponds-moi ; tes paroles, que je ne savais que faire de tes argumens, veulent-elles dire autre chose ? — C'est de ce que tu dis là qu'il est difficile de faire quelque chose. Réponds-moi, Socrate. — Avant que tu aies répondu, Dionysodore ? — Comment, tu ne veux pas répondre ?