Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/875

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la seule science qui sache faire usage des choses, il nous parut évident que c’était celle que nous cherchions, qu’elle était la cause de la prospérité [291d] publique, et qu’en un mot, selon le vers d’Eschyle[1], elle était seule assise au gouvernail de l’état, dirigeant tout et commandant à tout pour l’utilité commune.

CRITON.

Et n’était-ce pas bien pensé, Socrate ?

SOCRATE.

Tu en jugeras toi-même, Criton, si tu as la patience d’entendre ce qui suit. Nous examinâmes à son tour l’affaire de cette manière. Cette science de régner, [291e] à qui tout est soumis, fait-elle quelque chose, ou ne fait-elle rien ? Nous avouâmes tous qu’elle faisait quelque chose. Et toi, Criton, ne dirais-tu pas de même ?

CRITON.

Oui.

SOCRATE.

Que fait-elle donc, à ton sens ? Si je te disais, Que produit la médecine dans son domaine ? ne me répondrais-tu pas, La santé ?

CRITON.

Oui.

  1. Voyez le second vers des Sept devant Thèbes.