Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/881

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pas des choses que vous savez, et d’autres que vous ne savez pas ? — Point du tout, me répondit Dionysodore. — Comment ! repartis-je, vous ne savez donc rien ? — Si fait. — [294a] Vous savez donc tout, puisque vous savez quelque chose ? — Oui, tout, répondit-il, et toi aussi, tu sais tout, si tu sais, ne serait-ce qu’une seule chose. — O Jupiter ! quelle merveille, m’écriai-je, et quel bien précieux nous est révélé ! Mais les autres hommes savent-ils aussi tout, ou ne savent-ils rien ? — Il est impossible, répondit-il, qu’ils sachent une chose et qu’ils en ignorent une autre, qu’ils soient savans et ignorans tout à-la-fois. — Mais que dirons-nous donc ? demandai-je. — Nous dirons, répondit-il, que tous les hommes savent tout, dès qu’ils savent une seule chose. [294b] — Grands dieux ! Dionysodore, je vois bien que vous parlez enfin sérieusement, et que mes prières ont été entendues. Vraiment se peut-il que vous sachiez tout ? par exemple, l’art du charpentier et du tanneur ? — Oui, me dit-il. — Seriez-vous aussi cordonniers ? — Par Jupiter ! oui, et savetiers aussi. — Vous n’ignorez donc pas non plus le nombre des astres et des grains de sable ? — Non, me dit-il ; crois-tu que nous ne le soutenions pas ?

Ctésippe prenant là-dessus la parole : O Dio-