Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/882

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


nysodore, [294c] dit-il, fais-moi voir par quelque expérience que vous dites la vérité. — Quelle expérience demandes-tu ? répliqua-t-il. — Sais-tu combien Euthydème a de dents, et Euthydème, combien tu en as ? — Ne te suffit-il pas, répondit-il, d’avoir entendu que nous savons tout ? — Point du tout ; mais répondez cette seule fois pour nous prouver que vous dites la vérité ; et si vous dites précisément l’un et l’autre combien vous avez de dents, et que le nombre soit juste, car nous les compterons, nous vous croirons pour tout le reste. [294d] — Eux, soupçonnant que Ctésippe se moquait, ne lui répondaient, à tout ce qu’il leur demandait, que généralement, disant qu’ils savaient tout. Pour Ctésippe, il se donnait beau jeu, et il n’y avait rien qu’il ne demandât, même les choses les plus ridicules. A quoi ils persistaient à répondre intrépidement qu’ils savaient tout, comme les sangliers qui s’enferrent eux-mêmes dans l’épieu ; de sorte que mon incrédulité me poussa enfin à demander moi-même [294e] à Euthydème si Dionysodore savait aussi danser. — Euthydème m’assura que oui. — Mais sauterait-il sur des épées nues, la tête en bas ? saurait-il faire la roue à son âge ? pousse-t-il l’habileté jusque là ? — Il n’y a rien qu’il ignore, répondit-il. — Mais n’est-ce que depuis