Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/889

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donc ton frère ? — Oui, frère de mère, et non de père. — Il est donc ton frère, et il ne l'est pas ? — Il est vrai, il n'est pas mon frère de père, car son père s'appelait Chérédème, et le mien Sophronisque. — Mais Chérédème était père, et Sophronisque aussi ? — Sans doute, [298a] Chérédème était père de Patrocle, et Sophronisque était le mien. — Chérédème était donc autre que père ? — Oui, répondis-je, autre que mon père. — Était-il père, étant autre que père, ou es-tu la même chose qu'une pierre ? — Je crains bien que je ne paraisse tel entre tes mains ; il me semble pourtant que je ne le suis pas. — Tu es donc autre chose qu'une pierre ? — Oui, autre chose. — Si tu es autre chose qu'une pierre, tu n'es donc pas une pierre ? et si tu es autre chose que de l'or, tu n'es pas de l'or ? — Assurément. — De même Chérédème ne sera pas père, puisqu'il était autre chose que père. — Il paraît, lui dis-je, qu'il n'est pas père. [298b] — Et si Chérédème est père, ajouta Euthydème, Sophronisque à son tour étant autre chose que père, n'est pas père ; de sorte que tu n'as pas de père, Socrate. — Ctésippe intervint et dit : Mais la même chose n'arrive-t-elle pas à votre père ? n'est-il pas autre que mon père ? — Il s'en faut bien, répondit Euthydème. — Était-il le même ?