Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/895

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je demande, dit Ctésippe ; mais si toutes les choses se taisent ou si elles parlent ? [300d] — Ni l'un, ni l'autre, et tous les deux ensemble, repartit Dionysodore, se mêlant de la dispute. Et je suis sûr que tu ne sauras qu'opposer à cette réponse. — Ctésippe, selon sa coutume, fit un grand éclat de rire. Ô Euthydème, s'écria-t-il, ton frère prête le flanc à une double réfutation, il est perdu et battu de tous côtés. — Clinias, prenant plaisir à ce discours, sourit à Ctésippe, qui, se redressant, en parut dix fois plus grand. Pour moi, je crois que l'adroit Ctésippe avait appris leur secret à force de les entendre eux-mêmes, puisqu'ils n'ont pas sur terre leurs pareils en ce genre. Là-dessus je m'adressai à Clinias et lui dis : [300e] Pourquoi ris-tu en des choses si sérieuses et si belles ? Aussitôt Dionysodore : As-tu vu, Socrate, me dit-il, quelque belle chose ? — Oui, lui répondis-je, et plusieurs. [301a] — Étaient-elles autres que le beau, ajouta-t-il, ou si ce n'était que la même chose ? — J'étais tout embarrassé à cette question, et je me crus justement puni pour m'être avisé de dire un mot. Je répondis cependant : Elles sont autres que le beau même, mais avec chacune d'elles se trouve une certaine beauté. — Tu serais donc bœuf, si un bœuf se trouvait avec toi, et es-tu Dionysodore parce que je me