Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/897

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Et celui qui fait ce qui convient fait bien ? — Fort bien. — Tuer, écorcher, as-tu dit, convient au cuisinier ? Ne l'as-tu pas accordé ? — Hélas, oui ! mais pardonne-moi. — Il est donc évident que celui qui égorgera, qui écorchera le cuisinier pour le faire bouillir et rôtir ensuite, fait ce qui convient ; de même celui qui frappera sur le forgeron et qui pétrira le potier. [301e] — Ô Neptune ! m'écriai-je, maintenant tu es arrivé au comble de la sagesse. Ne pourrai-je jamais y arriver et l'acquérir pour moi-même ? — Mais quand tu l'aurais acquise, Socrate, la connaîtrais-tu ? — Si tu le trouves bon, je pense que oui. — Tu crois donc, continua-t-il, connaître ce qui est à toi ? — Assurément, pourvu que tu ne dises pas autre chose ; car tout dépend de vous deux, à commencer par toi et à finir par Euthydème. — Crois-tu que les choses dont tu es le maître, dont tu peux user comme [302a] il te plaît, soient à toi ? Crois-tu, par exemple, que les bœufs et les brebis que tu peux donner, vendre, sacrifier à celui des dieux que tu voudras, soient à toi, et que les choses dont tu ne peux disposer de la sorte ne t'appartiennent pas ? — Moi, qui me doutais bien que ces demandes allaient produire quelque magnifique artifice, pour l'entendre aussitôt que possible,