Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/904

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losophie et ceux qui s’y adonnent sont tout-à-fait frivoles et ridicules. — Malgré cela, je ne trouve pas, Socrate, [305b] que ni lui ni qui que ce soit ait raison de blâmer cette étude ; mais de disputer publiquement avec ces sortes de gens, c’est ce qu’il m’a paru blâmer avec raison.

SOCRATE.

Ce sont, Criton, des hommes très singuliers, cependant je ne sais pas encore trop qu’en dire. Mais qui est cet homme qui te rencontra et blâma la philosophie ? Est-ce un orateur habile à plaider une cause devant les tribunaux, ou un de ceux qui y envoient les autres, un faiseur de harangues dont se servent les orateurs ?

[305c] CRITON.

Non, par Jupiter, ce n’est point un orateur, et je ne crois pas qu’il ait jamais paru devant un tribunal. Mais on dit qu’il s’y entend parfaitement, et qu’il sait composer d’excellens plaidoyers.

SOCRATE.

J’entends bien maintenant, et j’allais te parler moi-même de ces gens-là. Ce sont ceux que Prodicus plaçait entre le politique et le philosophe. Non-seulement ils croient être les plus sages de tous, mais aussi paraître tels à la plupart des hommes, et que les philosophes seuls em-